jeudi 3 janvier 2013

La métaphore du papillon

Premier mois de travail. Deuxième semaine si je me souviens bien. Je m'installe, encore un peu en transit entre l'atterrissage et le débarquement. Je sors à peine de ma chrysalide.

Elle aime les papillons. Ils sont partout. Sur les meubles, les objets, la porte, les boîtes. On me dit qu'elle ne sourit plus.

Je la rencontre. Elle parle discrètement et avec mélancolie. Face à son présent difficile à avaler, elle m'envoie valser vers son passé. 
Ses albums, ses dessins. 
Les papillons, les couleurs, la mer. 
La joie, la vie.

Au fil des semaines, nous essayons de trouver la piste qui permettra aux sourires du passé de rejoindre la réalité du présent. Beaucoup d'échecs, mais petit à petit quelque chose se tisse.
De mimes en lancers de ballons, d'histoires découpées en images décortiquées, de châteaux en casse-tête, un jour les feutres refont surface. Et puis les couleurs. Et très vite les fleurs, les feux d'artifices, et enfin les papillons.
Sous les traits tremblants, la confiance prend le-dessus. La fragilité du papillon surpasse progressivement l'inquiétude de ne plus savoir faire, de ne plus pouvoir faire.

Chaque semaine il faut retrouver une nouvelle étincelle pour parvenir à réveiller les papillons et les feux d'artifice. Parfois ça marche. Parfois non. 
Des fois la fatigue est épuisante, les tremblements assommants, et il faut renoncer.
D'autres fois, les sourires refont surface, la vie reprend son cours.

Jamais auparavant les papillons ne m'avaient semblé être un fardeau si lourd, rendant les gens si fragiles.

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